Septembre : le mois de la myopie à l’international

Chaque année dans de nombreuses régions du monde (Inde, USA, Australie, Royaume-Uni, Canada…) le mois de septembre marque un temps fort pour la santé visuelle : le Myopia Action Month, initiative internationale lancée par Myopia Profile.
Cette plateforme fondée par Kate Gifford, PhD, spécialiste australienne de la myopie est soutenue par les plus grands acteurs du secteur : CooperVision, EssilorLuxottica, Johnson & Johnson Vision et SightGlass Vision, entre autres ! L’édition 2025 avait généré plus de 3 millions d’interactions sur les plateformes de Myopia Profile, avec une croissance de 4,5 fois par rapport à 2023.
En 2026, le mouvement accélère encore. Pourquoi une telle mobilisation ? Eh bien, déjà parce que les chiffres le justifient amplement.
Mois mondial de la myopie : l’épidémie silencieuse n’attend pas
Les projections ne laissent aucun doute : 50 % de la population mondiale pourrait être myope d’ici 2050. En France, la myopie touche déjà 2,1 millions d’enfants, dont 510 000 souffrant d’une myopie forte (supérieure à -6 dioptries) ou très évolutive.
Ce qui rend l’enjeu particulièrement urgent : chaque dioptrie supplémentaire de myopie augmente de 67 % le risque de pathologies sévères à l’âge adulte — décollement de rétine, glaucome, cataracte précoce, maculopathie myopique, pouvant conduire à la cécité. Et malgré tout, une part importante du grand public ignore encore que la myopie peut être freinée dès l’enfance…

Freination de la myopie : des avancées majeures
C’est là que la filière a le plus à dire – et à vendre, au sens noble du terme !
Les verres à défocalisation périphérique – MiYOSMART (Hoya, technologie DIMS) et Stellest (Essilor, technologie HAL) – ont fait l’objet d’une étude française de grande envergure publiée en juin 2025 dans le British Medical Journal Open Ophthalmology, menée sur 7 500 enfants de 4 à 15 ans par Krys Group en partenariat avec le CHU de Poitiers. Résultat : les deux technologies réduisent efficacement la progression de la myopie, y compris dès 4 ans, avec une efficacité comparable. Les verres DIMS et HAL affichent un effet freinateur de 50 à 70 % sur la réfraction et la longueur axiale.
Grande avancée à ne surtout pas manquer en consultation : depuis le 1er juillet 2025, les verres MiYOSMART sont reconnus par la HAS et pris en charge par l’Assurance Maladie. Un argument concret pour les familles, qui trouvaient souvent ces verres trop coûteux.
À cela s’ajoute MyoCare (Zeiss), la première gamme de verres de contrôle myopique adaptée à l’âge, pour une prise en charge personnalisée selon le profil de l’enfant.
Du côté des lentilles, l’orthokératologie – port de lentilles rigides la nuit, vision libre le jour – affiche des taux de freination entre 40 et 70 % selon les études. Quant aux lentilles souples de jour freinatrices, leur efficacité est estimée à environ 60 % chez les enfants de 8 à 12 ans.
Enfin, l’atropine à très faible concentration (0,01 %) reste le seul traitement médical remboursé par l’Assurance Maladie à ce stade. Le rapport IMI 2025 recense 21 essais cliniques randomisés confirme son efficacité sur le long terme — notamment confirmée par l’étude LAMP sur 5 ans de suivi.
Mois de la myopie : et la France dans tout ça ?
Si le Myopia Action Month est une initiative internationale portée depuis l’Australie, la France a construit son propre rendez-vous annuel, avec une logique et des acteurs bien différents. La Semaine nationale de la myopie (et pas le mois) se tient chaque année à l’automne – en novembre – et non en septembre.
C’est une distinction importante pour les opticiens français qui souhaitent s’y associer : les deux événements sont complémentaires, mais ne mobilisent pas les mêmes communautés ni les mêmes outils.
La Semaine nationale de la myopie est organisée par l’Institut d’Éducation Médicale et de Prévention (IEMP), dans le cadre de la campagne « Agissons ensemble contre la myopie », lancée en 2022 en partenariat avec le Syndicat National des Ophtalmologistes de France (SNOF).

Sa 3e édition s’est tenue du 24 au 30 novembre 2025, autour du mot d’ordre : « Contre la myopie, c’est maintenant qu’on agit ! »
La 4e édition est attendue pour novembre 2026.
Derrière l’événement, c’est tout un collectif « Ensemble contre la myopie » qui se mobilise : verriers, fabricants de lentilles, réseaux d’optique, organisations représentatives des professionnels de santé visuelle, associations de patients myopes et malvoyants.
L’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA) et le Syndicat National des Pédiatres Français (SNPF) en sont également partenaires — un signal fort de la dimension pluridisciplinaire de l’initiative.
Concrètement, la Semaine s’articule autour de trois piliers : Prévenir, Dépister, Freiner.
Du côté de la prévention, les messages sont simples et actionnables : passer deux heures par jour en extérieur, limiter les écrans, respecter la règle du 20-20-20, maintenir une distance de 30 cm entre l’œil et l’écran, et dormir suffisamment.
Du côté du dépistage, l’appel est clair : consulter un ophtalmologiste au plus tard à l’entrée au CP, puis tous les deux ans. Et pour la freination : orienter vers les dispositifs recommandés par le spécialiste.

simulateur de myopie disponible sur le site Ensemble Contre la Myopie
Sur le terrain, l’événement prend plusieurs formes simultanément.
En cabinet et en magasin, ophtalmologistes, orthoptistes, opticiens et pédiatres diffusent des supports d’information officiels et se tiennent disponibles pour répondre aux questions des familles.
Sur les réseaux sociaux, la Semaine s’appuie sur des personnalités médiatiques et des professionnels de santé influents pour diffuser les messages à grande échelle.
Un simulateur de vue avec différents degrés de myopie a également été lancé pour faire ressentir concrètement le handicap visuel lié à la myopie, sur le site Ensemble Contre la Myopie.
Partout en France, des actions locales de dépistage ont été organisées à l’initiative de villes, d’orthoptistes, de centres hospitaliers ou d’associations. Preuve que l’événement irrigue bien l’ensemble du territoire, au-delà des grands réseaux nationaux.
Pour les opticiens indépendants, c’est justement le créneau à saisir : s’inscrire dans cette dynamique nationale avec une action locale visible — dépistage gratuit, conférence parents, affichage vitrine — en capitalisant sur les supports officiels mis à disposition sur ensemblecontrelamyopie.fr !
