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Lunettes connectées : les révolutions pour 2026

Temps de lecture : 4 minutes

Il y a dix ans, les lunettes connectées Google Glass incarnaient la promesse manquée du wearable : elles ont été jugées trop intrusives, trop chères, trop peu utiles. En 2026, les lunettes connectées ont fait leur retour — mais dans une configuration radicalement différente. L’intelligence artificielle embarquée, le design discret et le poids des géants de la tech ont transformé le secteur. Résultat : un marché en pleine explosion, des usages qui se diversifient, et une question concrète pour la filière optique : les opticiens sont-ils prêts à vendre des lunettes qui font bien plus que corriger la vue ?

Lunettes connectées : un marché qui a décollé pour de bon

Les chiffres ne laissent plus de place au doute. Le marché mondial des lunettes connectées a progressé de 110 % au premier semestre 2025, porté par la demande pour les Ray-Ban Meta et l’arrivée de nouveaux entrants comme Xiaomi et TCL-RayNeo.  Selon le cabinet Smart Analytics Global, la distribution mondiale de lunettes connectées à intelligence artificielle a atteint 8,5 millions d’unités en 2025, soit une croissance de 330 % sur un an. Et les projections à moyen terme restent vertigineuses : le marché mondial pourrait passer de 5,12 milliards de dollars en 2024 à une prévision de 12,28 milliards de dollars d’ici 2032 !

Meta x EssilorLuxottica : le duo qui impose le standard

Meta Ray-Ban & EssilorLuxottica

Le succès le plus documenté du secteur, c’est celui du partenariat entre Meta et EssilorLuxottica. Plus de 7 millions de paires Ray-Ban Meta et Oakley Meta ont été vendues en 2025, soit plus du triple des ventes de 2024. Meta domine désormais le marché mondial des lunettes connectées avec 76,1 % des expéditions en 2025.

La gamme s’est considérablement élargie : aux Ray-Ban Meta Gen 2 s’ajoutent les Oakley Meta HSTN, les Oakley Meta Vanguard (taillées pour le sport et le running), et les Meta Ray-Ban Display à 800 dollars — premier modèle avec affichage tête haute (HUD) de la gamme.

Dernier tournant majeur : fin mars 2026, EssilorLuxottica et Meta ont annoncé de nouveaux modèles — les Blayzer Optics (design rectangulaire) et Scriber Optics (design arrondi) — compatibles avec la quasi-totalité des corrections optiques, avec plaquettes nasales interchangeables et embouts de branche réglables. Un signal fort en direction des porteurs de verres correcteurs — et donc, directement, vers les opticiens.

Pour accompagner ce tournant, EssilorLuxottica a déployé sur Leonardo, sa plateforme de formation digitale, des modules dédiés aux opticiens partenaires : « Maîtriser l’expérience-client des lunettes IA » ou « Dans l’univers innovant des lunettes intelligentes » !

Google fait son retour avec Warby Parker, Samsung et Gemini

Plus d’une décennie après le flop des Google Glass, Google est de retour — avec une tout autre stratégie. À l’occasion du Google I/O 2026, la firme a présenté deux nouveaux modèles de lunettes intelligentes développés avec Samsung et Qualcomm sous la plateforme Android XR, en partenariat avec les marques Warby Parker et Gentle Monster.

Ces lunettes misent sur une approche audio-first : haut-parleurs intégrés dans les branches, caméra discrète dans la monture, interaction mains libres via « Hey Google » ou effleurement de la branche. L’IA Gemini permet navigation piétonne, résumé de notifications, reconnaissance de lieux, traduction en temps réel. La commercialisation est attendue pour l’automne 2026, avec des modèles dotés d’un affichage intégré prévus pour 2027.  Google a d’ores et déjà engagé 150 millions de dollars pour financer la R&D et la prise de participation chez Warby Parker.

Google, Samsung & Warby Parker

Lunettes connectées en B2B : un marché discret mais solide

Pendant que le grand public s’approprie les Meta Ray-Ban, le marché professionnel avance sur ses propres rails. Les lunettes à affichage AR — comme les RayNeo X3 Pro (écran stéréoscopique 6 degrés de liberté) ou les Vuzix Next Generation (micro-LED et reconnaissance d’objets) — ciblent des secteurs très précis : industrie, logistique, chirurgie, maintenance et formation.

L’usage typique : un technicien qui consulte une procédure en temps réel sans quitter son poste des yeux, un chirurgien qui visualise des données vitales dans son champ de vision, un formateur qui supervise à distance un opérateur sur site. Le marché chinois du B2B illustre cette dynamique : les ventes trimestrielles de lunettes connectées professionnelles y ont augmenté de 57 % en 2025 par rapport à l’année précédente.

Lunettes connectées : s’adapter en tant qu’opticien

La tendance la plus structurante de 2026 est sans doute l’intégration des verres correcteurs dans les lunettes connectées. Ce qui était un obstacle majeur devient progressivement la norme : les derniers modèles Meta sont compatibles avec quasiment toutes les corrections, et Google a fait de la correction optique une priorité dès la première génération.

Ray-Ban Meta Scriber Optics (Gen 2). © Meta

Pour l’opticien, cela signifie une chose concrète : la lunette connectée est en train de devenir un produit à délivrer, adapter et suivre — comme n’importe quelle autre monture. Savoir expliquer les fonctionnalités, monter les verres correcteurs dans des montures techniques, conseiller sur l’usage… autant de compétences qui positionnent l’opticien comme un acteur incontournable de ce nouveau marché, et non comme un simple spectateur de la révolution numérique !

 

 

 

 

 

Crédits Photos (image à la une) : Photo de Eren Li