Eyes-Road - Une autre vision de l'EDI > Tout le Blog > Actualités > Optique et art : l’oeil comme une oeuvre !

Optique et art : l’oeil comme une oeuvre !

Temps de lecture : 4 minutes

 

Nous passons nos journées à corriger, mesurer et équiper des yeux sans jamais vraiment les regarder pour leur beauté…

Pourtant, l’œil est unique comme une empreinte digitale, lumineux comme une planète en miniature, chargé encore de tout ce que la médecine ne peut pas mesurer. Et les artistes l’ont compris depuis longtemps !

Ce qui est nouveau, c’est que cette fascination se traduit en 2026 par des initiatives concrètes, commerciales, culturelles et institutionnelles. Et que certaines d’entre elles concernent directement la filière optique…

Optique et art : Francis Giacobetti, l’artiste qui a tout changé

Tout commence avec un photographe français et une idée folle.

Dans les années 1980, Francis Giacobetti développe un dispositif artisanal de sa propre fabrication pour photographier l’iris des personnalités les plus marquantes du siècle : le Dalaï-Lama, Nelson Mandela, Stephen Hawking, Luciano Pavarotti, Mikhaïl Gorbatchev…

Chaque portrait est un diptyque : un cliché en noir et blanc du visage, et une photographie haute définition de l’iris en couleur.

L’idée derrière ce travail, intitulé « VISION – Master Minds of Our Time » : l’iris renferme l’essence de ce que nous sommes.

Francis Giacobetti – VISION – poster de l’exposition 2024

Giacobetti y voit ce que les empreintes digitales révèlent à la criminologie : une signature absolument unique, et pourtant jamais regardée. Il photographie plus de 200 personnalités sur plus de vingt ans.

Giacobetti est décédé le 7 juin 2025 à 85 ans. Mais son œuvre vit plus que jamais – notamment parce qu’elle a directement inspiré la création des concepts d’Iris Galerie.

Iris Galerie : l’iris pour tous, depuis 2021

C’est la rencontre entre Paul-Antoine Briat, entrepreneur, et le travail de Giacobetti qui a donné naissance à Iris Galerie en 2021, avec une première galerie à Paris. Le concept : permettre à chacun – et cette fois, pas seulement aux célébrités – de voir son iris, et d’en faire une œuvre à part entière !

Concrètement, en quelques minutes, une technologie propriétaire capture les nuances de l’iris en haute définition. Le tirage peut être imprimé sur papier photo, aluminium dibond, acrylique, ou même intégré dans un bijou ou une lightbox. Des cartes-cadeaux de 50 à 300 euros sont disponibles. En 2026, Iris Galerie est présente dans plus de 200 villes en France et à l’international.

Exposition « Dans l’Oeil » : l’institution culturelle s’en mêle

Depuis le 3 novembre 2026 et jusqu’au 27 février 2027, la Bibliothèque de la Part-Dieu à Lyon accueille « Dans l’Œil », une exposition issue de sa propre collection d’art contemporain, constituée depuis plus de trente ans à partir de l’héritage de la Fondation nationale de la photographie et de son artothèque.

Plus d’une centaine de photographies, estampes, objets et livres d’artiste dialoguent autour de grandes thématiques : la matière, le corps, l’intime, les rituels, les objets, l’infiniment grand et l’infiniment petit, toujours avec une attention portée au regard.

L’exposition s’inscrit dans le programme du Bicentenaire national de la photographie et résonne avec la Biennale d’Art Contemporain de Lyon 2026.

« Dans l’Oeil » – Exposition par les Bibliothèques Municipales de Lyon

Elle est accompagnée de deux expositions satellites : « L’Art dans l’Œil » (des élèves de bac pro marchandisage visuel du lycée du Premier Film, pour qui une simple paire de lunettes devient un filtre pour interpréter les codes de la consommation — et « Plein les Mirettes !«  destinée au jeune public, en résonance avec l’Automne des Gones.

Et pourquoi pas, pour les opticiens de la Région, en faire une occasion concrète de créer du lien ? Mentionner l’exposition en magasin, recommander la visite, partager le programme sur ses réseaux…

Yayoi Kusama : quand la perception visuelle devient l’œuvre elle-même

L’art contemporain a souvent placé l’œil et ses limites au cœur de sa démarche. Nulle part cela n’est plus évident que dans l’œuvre de Yayoi Kusama, disparue le 14 août 2026 à 97 ans.

Ses célèbres Infinity Mirror Rooms – des espaces de miroirs infinis où le visiteur se perd dans une répétition illimitée de lumières et de points – reposent entièrement sur la physiologie de la vision : le point aveugle, la persistance rétinienne, la désorientation spatiale.

Une rétrospective internationale lui est actuellement consacrée au Stedelijk Museum d’Amsterdam jusqu’au 17 janvier 2027.

Son art pose une question qui touche directement la filière optique : que voyons-nous vraiment ? Et jusqu’où la correction visuelle modifie-t-elle notre rapport au monde ?

Une immersion magique, partagée par des millions de photos sur la Toile, et qui a attiré des spectateurs aux quatre coins du monde.

Rétrospective Yayoi Kusama à Amsterdam

Optique et Art : ce que cela dit de la filière

Ces initiatives, qu’elles soient commerciales, culturelles, ou artistiques, ne sont pas anecdotiques. Elles révèlent une tendance de fond : le regard est devenu un sujet. Les gens s’intéressent à leurs yeux autrement qu’à travers le prisme de la correction. Ils les voient comme une identité, une trace, une beauté.

Pour l’opticien, c’est une invitation à changer de registre. Parler de l’iris comme d’une œuvre. S’associer à une exposition locale. Mettre en valeur la singularité du regard de chaque client. Ce n’est pas faire du marketing, c’est reconnaître ce que les artistes ont toujours su : un œil, ça se regarde comme une oeuvre…

Crédits photos : image à la une de Sergei Starostin