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DOSSIER – Vision des enfants, bien les accompagner

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La vision des enfants change très régulièrement. Il faut entre trois et quatre ans pour percevoir toutes les nuances de couleurs, mais aussi pour élargir son champ de vision. Au-delà, l’évolution ne s’arrête pas pour autant, bien au contraire. La vue, les réflexes, la coordination s’améliorent, mais peuvent aussi se dégrader.

 

Aussi, il faut, autant que faire se peut, rester vigilant. Dans une optique de santé visuelle, il est nécessaire de faire examiner les yeux de ses enfants de façon régulière.

 

Face à notre monde ultra-numérique, il convient d’adopter certaines pratiques et certains conseils afin de ne pas aggraver certaines afflictions dues à une trop grande dépendance.

 

La vision des enfants : en constante évolution

 

Apprendre à bien voir est un processus qui démarre avant la naissance et qui va évoluer de façon rapide au cours des six premières années de l’enfant.

 

Dans un précédent article sur la vision des enfants, nous avions présenté quelques conseils afin de stimuler la vision des nourrissons et jeunes enfants.

 

Nous y avions relaté que la vue, dernier des cinq sens à se développer, nécessitait comme les autres, d’être entraîné et amélioré.

 

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Les très jeunes enfants doivent impérativement être suivis au niveau visuel, car le moindre problème durant le processus d’apprentissage peut entraîner une compensation de la part du cerveau .

 

Or celui-ci a besoin que le développement visuel soit naturel pour se développer normalement.

 

Un suivi tout particulier doit être prodigué aux enfants prématurés ou issus d’une famille qui rencontre des problèmes visuels.

 

Concernant les enfants au-dessus de trois ans, on considère qu’en plus des consultations effectuées en milieu scolaire, il convient d’ajouter une visite chez l’ophtalmologiste autour de trois ans et demi et une autour de cinq ans.

 

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Ces deux visites ont notamment pour but de vérifier l’acuité et la synchronisation visuelles. Enfin, ne pas hésiter à demander conseil au médecin généraliste également, notamment en cas de maux de tête ou de strabisme.

 

Savoir reconnaître certains symptômes

 

Bien entendu, il est essentiel d’observer le comportement de l’enfant afin de traquer toute anomalie. Certains agissements  peuvent facilement mettre la puce à l’oreille.

 

Par exemple, si l’enfant se frotte souvent les yeux, s’il a du mal à lire, s’il se couvre un œil ou encore s’il cligne souvent les yeux.

 

N’oubliez pas qu’un enfant a tendance à s’habituer bien plus facilement qu’un adulte, et certains sauront taire leurs difficultés ou apprendront à vivre avec.

 

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D’autres symptômes sont plus délicats à mettre en lien avec un quelconque problème visuel. Il peut s’agir de fatigue intense, de maux de tête, d’une position anormale de la tête, se sensations de lourdeur ou de nausées.

 

Tous ces symptômes sont à mentionner à un spécialiste s’ils apparaissent.

 

Concernant les défauts visuels rencontrés par les enfants, ils peuvent être nombreux. Les plus communs sont la myopie, l’hypermétropie, l’astigmatisme, et l’anisométropie, qui est une différence de réfraction entre les deux yeux (un œil hypermétrope et l’autre myope par exemple), ou de puissance dioptrique.

 

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Après avoir rempli à tous ces devoirs, il conviendra bien sûr d’apporter un soin tout particulier au choix des premières montures et, parce que l’époque l’oblige, à adopter certaines pratiques face aux écrans lumineux.

 

Accompagner les enfants pour le choix des premières lunettes

Le premier rendez-vous chez l’opticien est très important pour un enfant, mais aussi pour ses parents. Il peut être stressé et le rôle des parents, comme de l’opticien, est de le rassurer.

 

Disposer d’un corner réservé à la vision des enfants est une très bonne idée pour qu’il se sente apaisé. Cela lui rappellera les visites chez d’autres professionnels qui prévoient souvent ce genre d’attention.

 

Mais le plus important, et qu’il faut parfois expliquer aux parents, c’est la nécessité d’impliquer l’enfant au maximum. Oui, il est naturel de s’adresser directement à lui, et pas seulement pour avoir son retour sur le confort de montures.

 

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Un enfant doit comprendre qu’en portant ses lunettes, il sera plus en forme et aura une meilleure perception du monde qui l’entoure. Parlez-lui de choses qu’il parviendra à assimiler.

 

Si un enfant est astigmate, il risque de ne pas se sentir en sécurité lorsqu’il est en hauteur. Mentionnez les escaliers, les toboggans, les jeux d’escalade…

 

Lui faire comprendre que ses lunettes lui offriront plus de confiance et moins d’appréhension, c’est un bon point pour lui comme pour ses parents.

 

S’il pratique du sport, parlez-lui des avantages : de meilleurs réflexes, donc de meilleures performances (adaptez bien sûr le dispositif.)

 

Il faut se rappeler qu’à cet âge, on n’a pas franchement envie de porter des lunettes, et qu’ils peuvent considérer cela comme une obligation venant de leurs parents.

 

Il est donc primordial qu’il comprenne qu’il ne s’agit pas d’une contrainte, mais bien d’un changement qui sera bénéfique pour lui.

 

Enfin, lorsque le choix est fait, prenez le temps de lui expliquer comment bien nettoyer ses montures et ses verres. Faites-le essayer devant vous, c’est un excellent moyen de le responsabiliser.

 

Enfin, écoutez et répondez à ses interrogations et à celles des parents. Celles-ci peuvent être nombreuses et porter sur ce qu’on peut nommer le « mal du siècle » : la profusion des écrans et comment s’en prémunir au mieux.

 

Quelques conseils pratiques à adopter par rapport aux écrans

 

Oui, il est bien difficile de dire à un enfant de ne pas rester longtemps devant un écran. Nos habitats en sont remplis et nous-mêmes, adultes, connaissons d’immenses difficultés à nous en détacher.

 

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Alors que peut-on bien dire à un enfant qui a la possibilité de passer ses journées entières devant un écran ?

 

  • La communication est essentielle

 

N’oubliez jamais qu’il est naturel qu’un enfant ait envie de passer du temps devant un écran. Ainsi, il vaut mieux éviter de le réprimander. Les parents le font déjà certainement, et en tant qu’opticien, ce n’est pas votre rôle.

 

Non, demandez-lui plutôt s’il a parfois des maux de tête, ou les yeux qui piquent. Indiquez-lui que les écrans ont cette fâcheuse tendance à abîmer les yeux.

 

Cela confirmera ce qu’il a très certainement déjà entendu. En prime, si cela lui arrive, peut-être se forcera-t-il alors à éteindre lui-même les écrans.

 

  • Conseiller le timing aux parents

 

Définir à l’avance un temps passé devant les écrans a deux avantages. Cela permet de savoir exactement combien de temps l’enfant les a regardés, et donc coupe court à toute discussion à ce sujet. L’autre avantage, c’est que les parents décident avec lui de ce temps.

 

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Proposez donc de préparer un timer avec une sonnerie qu’il peut entendre. Un timing allant de 30 minutes à 1h30 est recommandé, suivant l’âge des enfants.

 

  • Préconiser rituels et fermeté sur certaines règles

 

Pendant les repas, il vaut mieux couper les écrans. Cela vaut pour tous les écrans, et toute la famille. Enfin, mentionnez les rituels de sommeil ou de jeux avec les parents.

 

Encouragez-les à continuer pour pallier à toute envie de consulter un écran. Si vous avez vous-même des enfants, n’hésitez pas à parler de votre propre expérience à vos clients.

 

Accompagner les enfants autour de leur vision est complexe. Mais ils nécessitent une attention toute particulière car de nombreux problèmes peuvent survenir, et ce, dès le plus jeune âge.

 

En tant qu’opticien, votre rôle est donc primordial pour leur santé, ne l’oubliez pas !

 

Sources : Blog Seiko Vision, News Medical